[Échanges de messages avec Dore]
Moi, 02h11 : je rentre tout seul légèrement ivre, je pense à vous, bisouilles.
Lui, 10h26 : qu’est-ce qu’il a fait encore ? [émoji souriant]
[divers messages de sa part, dont différents liens, et une photo de sa classe de troisième]
Moi, 14h47 : haha, cette photo est dans la carte mémoire que tu m’as offerte en mai, j’adore ! je serais grave sorti avec toi si on était dans la même classe !!… (non, en vrai je serais sorti avec Gaël ou Antho)
Lui, 14h47 : c’est toi qui m’as parlé de ça ? [un lien vers le documentaire Arte : L’ange blond de Visconti – Björn Andrésen, de l’éphèbe à l’acteur]
Moi, 14h49 : oui ! j’adore ce documentaire +++ et on en avait parlé parce qu’il est mort y’a pas longtemps, t’avais envoyé le lien à Romain, je me souviens — d’ailleurs, puisqu’on parlait la dernière fois de vol/plagiat/ découpage, j’ai complètement volé les dernières phrases de ce documentaire pour les dernières phrases de Lésions.
Moi, 14h50 : je regarderai le reste de ce que tu m’as envoyé plus tard bibou ! au fait, rien à voir, mais on a commencé à regarder le documentaire Arte de Lifshitz sur Claude Loir, c’est trop bien (à regarder pendant ton exil, ainsi que, je te le rappelle, The Boys in the Band).
Moi, 14h51 : je t’embrasse [émoji double cœur].
Lui, 14h51 : OK BONNE JOURNÉE.
Moi, 14h51 : nooooon pardon.
Lui, 14h51 : haha, je rigole.
Moi, 14h51 : je me réveille à peine et ma concentration est faible ! je réitère quand même mes embrassades et mes pensées qui vont vers vous !
Lui, 14h51 : tu as fait quoi hier pour te lever à 15h ?
Moi, 14h57 : suis sorti avec Guillermo et ses potes, moi je suis rentré tôt en vrai, genre 1h ou 2h j’étais à la maison je crois, mais Guillermo est rentré bourré à 5h du matin… très très bourré — pas très bien dormi haha.
Moi, 15h00 : et toi hier soir T’AS FAIT LA FÊTE ?
Lui, 15h00 : j’ai fini le livre de Guillaume Marie et dodo.
Moi, 15h03 : alors, c’était bien ?
Lui, 15h03 : oui, j’ai adoré, c’est touchant, c’est juste, c’est pas grand-chose et en même temps c’est singulier.
Moi, 15h04 : je pense fort à toi bibou [émoji double cœur], je te fais de gros bisous ! — Guillermo se réveille, je vais préparer les cafés et les beroccaboost.
[…]
Lui, 23h31 : en effet, je viens de finir le documentaire sur Björn Andrésen et d’ouvrir le PDF de Lésions, ça me donne envie de le relire (notamment avec une musique ambiante en fond et une voix comme celle de l’actrice qui avait lu/interprété d’une traite L’amant de Duras dans Musée Duras de Gosselin à l’Odéon).
[Échanges de messages avec Guillermo]
Moi, 13h27 : il faut que je vienne à Toulouse comme ça plus souvent, deux ou trois jours de temps en temps, c’est cool.
Lui, 13h48 : Mais tu feras la vaisselle stp !
[stickers]
Lui, 14h05 : je viens d’arriver à la bibliothèque, donc tu prends des notes et tu envoies tous tes messages en même temps à 18h, ok ?
Moi, 14h06 : l’heure à laquelle j’ai mon train, parfait.
Moi, 18h14 : notes du jour, à envoyer après 18h… 1. prochaine fois on se fait un immeuble dans les Sims, et dernier étage, toit-terrasse, on refait l’appartement de mounette et on y fait une coloc ; 2. je t’aime ; 3. ça va, je suis pas trop fatigué même si on n’a pas beaucoup dormi ces dernières nuits ; 4. je t’aime encore + qu’au message précédent ; 5. je suis vraiment trop content de ce p’tit week-end.
[…]
Moi, 22h03 : ça va ? tu te sens pas trop mal en mon absence ? le vide n’est pas trop dur à supporter ?
Lui, 22h04 : là je suis encore dans la période lune de miel avec la solitude, mais demain je te pleurerai, beaucoup.
[messages reçus, au hasard]
Tu rentres quand à Paris, j’me sens un peu seul sans toi. ** Je viens de croiser Luc d’Emily in Paris omg dans le passage Molière. ** Ne ramenez rien, nous mangeons « un katsu » (est-ce que je sais ce que c’est ? non, car c’est Neil qui cuisine) et je fais un crumble, ramenez boissons quelconques si vous souhaitez, 155 chemin de lanusse, vous pouvez venir aux alentours de 19h/19h30 par exemple. ** Baptiste, c’est [???], je tourne un peu en rond sans les réseaux, j’étais curieux des raisons de ton départ d’Instagram, si tu faisais de la méditation, et comment remplis-tu le vide ? ** Être dans la Drôme c’est se faire des ravioles à 17h.
[Mail envoyé à Dore]
[…]
P-S : samedi, Lamar me demande si je sors quelque chose bientôt, je lui parle d’Été 20XX qui est censé sortir en mars, dont, justement, je viens de relire le bon-à-tirer. Il me demande de quoi ça parle, je dis que ça parle beaucoup de toi, et que d’ailleurs, je ne sais pas comment tu as fait pour ne pas flipper en lisant le texte.
Il est étonné, il me demande pourquoi. Je lui dis que dans ce texte, j’écris des choses que je ne t’ai jamais dites — ou que je ne t’avais, alors, jamais dites — (j’entends : des déclarations d’amour). Il dit : l’homme s’est toujours servi de la littérature pour ça, non ? (Oui.)
[Échanges de SMS avec Dore]
Lui : ça va chez le père ?
Moi : oui, je rentre à Paris cet après-midi.
Moi : et toi ça va chaton ?
Lui : oui, ça va tranquille, je suis enfin SEUL dans la maison, c’est bien.
Moi : trop bien ! profite.
Moi : que fait le père ?
Lui : il fait rouler la voiture.
Lui : il a vraiment dit ça.
Je finis la retranscription et la rédaction de l’article-entretien d’Antonin alors que je suis dans le train retour pour Paris. Dore m’écrit : tous les chapitres qui s’appellent disparition sont sur une même ligne — joint au message, une photo. J’envoie une capture d’écran à Antonin, qui confirme. Il demande : Dore n’a pas encore trouvé la ligne verticale ? Je transmets à Dore, qui, après quelques minutes, me répond : j’ai trouvé, c’est le feu. Antonin confirme par retour de message : les lignes « le feu » et « la disparition » sont les lignes directrices importantes, après il y a seulement le couple « le miroir » / « le miroir » au milieu, mais ça vous le saviez déjà — joint au message, une photo appelée plan de batailles.
J’arrive chez moi à 23 heures. Je commence à défaire un peu ma valise. Je pose l’écran récupéré chez mon père sur le bureau. Je branche ce qu’il faut. Ça marche, et l’écran n’a même pas été abimé pendant le trajet en train puis en métro. J’essaie d’écrire, écrire quelque chose sur ces derniers jours, la soirée aux Souffleuses avec les garçons vendredi soir, embrasser Dore dans les tunnels du métro (lui qui prend la 11, Valentin et moi la 1), arriver à Toulouse encore crevé par les antibios et sortir quand même le soir, se faire réveiller au milieu de la nuit par Guillermo qui chante à tue-tête en rentrant à l’appart, le reste du week-end passé à rien faire — si, l’expo au FRAC, puis jouer aux Sims dans le lit —, passer chez mon père juste la journée, récupérer quelques affaires et déjeuner avec lui, avant de rentrer à Paris… je n’arrive pas à écrire, je vais me coucher en écoutant Aubade 2020 de Ryuichi Sakamoto une dernière fois.
Je sors du dentiste avec la bouche complètement anesthésiée mais j’ai quand même mal partout dans le corps. Je ne vais pas à la danse. J’achète de la soupe et je rentre. Micka me retrouve chez moi. Il a ramené du pain aux olives, c’est très bon dans la soupe. Il corrige quelques copies pendant que je joue aux Sims dans mon lit. Il repart. Je me remets au bureau. Vraiment, je n’arrive pas écrire sur ces derniers jours, pas comme ça, alors plutôt, j’ai eu l’impression que quelques échanges de messages avec Dore et Guillermo pouvaient dire quelque chose de ces derniers jours mieux que des paragraphes de descriptions : je les ai recopiés. (Dessiner le contour d’une forme indique toujours un peu ce qu’il y a dedans.)