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    <title>FLX</title>
    <subtitle>FLX</subtitle>
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    <updated>2026-05-19T18:02:01Z</updated>
    <author><name>FLX</name></author>


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        <title type="html"> : Les mots ont un goût humain</title>
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        <published>2026-05-19T16:42:32+00:00</published>
        <updated>2026-05-19T16:42:32+00:00</updated>
        <author><name><div>JS</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><div class="rss_texte"><div class="spip_document_917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center">
<figure class="spip_doc_inner"> <a href="https://jsene.net/IMG/jpg/img_20260515_102126_edit_2200.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src="https://jsene.net/local/cache-vignettes/L500xH333/img_20260515_102126_edit_2200-ddebb.jpg?1779202151" width="500" height="333" alt=""></a>
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</div>
<p><strong>19 mai 2026</strong></p>
<p>Bien sûr, il est plaisant de voir une machine générer un poème. Depuis les débuts de l'informatique et la combinatoire, c'était surprenant, l'imagination était prise au dépourvu, c'était un jeu et comme tout jeu, il y avait des limites, des règles, qui faisaient le sel de cette joie. Mais quand la machine devient menaçante, réduit le salaire et met à la porte les traducteurs et correctrices, utilise des ressources démesurées<span class="spip_note_ref"> [<a href="https://jsene.net/#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="" un seul data-center de meta dans le comt newton us utilise id="nh1">1</a>]</span> ce n'est plus amusant du tout. Le nombre de livres publiés sur la plateforme d'autoédition d'Amazon a explosé depuis l'avènement des IAg. Ces livres sont-ils lus ? Je ne sais pas. On se demande souvent ce qui fait que le texte produit mécaniquement ne serait pas, à la lecture, capable d'émouvoir. Toutes ces questions, j'essaie d'y réfléchir par le détour d'un podcast que j'ai retrouvé dans les archives de France Culture. Allez lire la <i>Lettre dispersée</i> gratuite de mi-mai<span class="spip_note_ref"> [<a href="https://jsene.net/#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Abonnez-vous pour la recevoir dans votre mail, si vous le pouvez n'hésitez à (…)" id="nh2">2</a>]</span>, elle est ici : <a href="https://dispersion.kessel.media/posts/pst_223d3918fb0f4d0ca3550df63f1911bb/le-gout-des-mots" class="spip_out" rel="external">Le goût des mots</a>, merci Françoise Héritier.</p></div>
		<hr>
		<div class="rss_notes"><div id="nb1">
<p><span class="spip_note_ref">[<a href="https://jsene.net/#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix">1</a>] </span>"Un seul data-center de Meta dans le comté de Newton (Georgie, US), utilise près de 2000 m<sup>3</sup> d'eau par jour, ce qui représente approximativement 10% des ressources en eau du comté" (<a href="https://www.sentinelearth.com/post/data-centers-now-drink-more-water-than-entire-cities" class="spip_out" rel="external">Sentinel Earth</a>), c'est une nouvelle forme de stress hydrique qui n'existait pas, se rajoute à celles environnementales et humaines pré-existantes. Plusieurs sources donnent comme équivalent mondial de la consommation d'eau de refroidissement des data-centers d'IA un "petit pays européen", ou "la ville de New-York". Mais les entreprises de la tech étant très opaques, il est difficile d'avoir des chiffres vérifiés. Encore un autre problème démocratique.</p>
</div><div id="nb2">
<p><span class="spip_note_ref">[<a href="https://jsene.net/#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix">2</a>] </span>Abonnez-vous pour la recevoir dans votre mail, si vous le pouvez n'hésitez à vous abonner mensuellement pour me soutenir.</p>
</div></div></div>]]></content>
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        <title type="html">Philippe Castelneau : L’œil noir</title>
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        <published>2026-05-19T10:00:00+00:00</published>
        <updated>2026-05-19T10:00:00+00:00</updated>
        <author><name><div>Philippe Castelneau</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="715" height="1024" data-attachment-id="16340" data-permalink="https://philippe-castelneau.com/2026/05/19/loeil-noir/14052026couleur/" data-orig-file="https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?fit=1052%2C1506&amp;ssl=1" data-orig-size="1052,1506" data-comments-opened="1" data-image-meta='{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"0"}' data-image-title="14052026couleur" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?fit=715%2C1024&amp;ssl=1" src="https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?resize=715%2C1024&amp;ssl=1" alt="" class="wp-image-16340" srcset="https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?resize=715%2C1024&amp;ssl=1 715w, https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?resize=210%2C300&amp;ssl=1 210w, https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?resize=105%2C150&amp;ssl=1 105w, https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?resize=768%2C1099&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/philippe-castelneau.com/wp-content/uploads/2026/05/14052026couleur.png?w=1052&amp;ssl=1 1052w" sizes="(max-width: 715px) 100vw, 715px"></figure></div>]]></content>
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        <title type="html">cahiers fantômes : 18.5.26</title>
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        <published>2026-05-18T21:08:55+00:00</published>
        <updated>2026-05-18T21:08:55+00:00</updated>
        <author><name><div>Jérôme Orsoni</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">La journée n’aura été qu’un long et pénible détour en enfer entre mon lit le matin et mon lit le soir. J’exagère à peine. Mais ce matin, le lever m’a paru comme une violence injustifiée, injustifiable. À quelle occasion, dans l’après-midi, en suis-je venu à me dire que la seule odyssée possible, aujourd’hui, était celle de l’intimité qui tente d’échapper à son broyage par l’histoire ? Je ne sais plus. L’histoire des vaincus, désormais, est l’histoire de la destruction de la personnalité de la personne, de la personnalité des personnes, de la personnalité de chaque personne (y compris celle qui croit appartenir au camp des vainqueurs, et peut-être surtout elle, qui a réussi sa vie). Je me sens seul, souvent, mais je ne le suis pas tout à fait : il y a Guillaume, que je ne vois pas, pas aussi souvent que je l’aimerais, en tout cas, non, mais dont je constate avec joie qu’il pense (à peu près) comme moi. Et puis, je me sens seul, de nouveau, quand je pense : Mais nous sommes les seuls à penser comme cela. Tous les autres ; c’est le conformisme le plus absolu, la réduction au silence de toute parole différente, de toute parole, que dis-je ? la censure remonte bien avant : de toute pensée, de toute intention même de penser. Alors, ne reste plus que cela : l’intimité, la vie privée, faire œuvre chaque jour, s’y attacher du mieux qu’on le peut, avoir la perfection en vue, en point de fuite, faire chemin chaque jour dans sa direction, qu’importe ce que les autres pensent, qu’importe qu’ils pensent (ce n’est pas le <em>quoi </em>de ce qu’ils pensent qui est mal, c’est le <em>comment</em> ils pensent qui va mal). Un peu après la remarque que je me suis faite sur l’intimité, j’ai encore eu envie d’un cahier dans lequel j’écrirai, et seulement là, je crois. Je n’ai rien écrit dans ce cahier imaginaire, pas plus que dans tout autre cahier, non, pas même les rêves que je devais noter dans le cahier de mon activité onirique, non. Ce n’est pas que je n’avais pas envie, c’est que j’avais envie de me coucher et de dormir et que je ne le pouvais pas. Alors, j’ai essayé de lutter. Mais, heureusement, c’était en vain. Je viens de retrouver mon lit, où j’écris, enfin. Bonne nuit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="768" data-attachment-id="13854" data-permalink="https://cahiersfantomes.com/2026/05/18/18-5-26/img_6303/" data-orig-file="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg" data-orig-size="4032,3024" data-comments-opened="0" data-image-meta='{"aperture":"1.8","credit":"","camera":"iPhone SE (3rd generation)","caption":"","created_timestamp":"1778851168","copyright":"","focal_length":"3.99","iso":"32","shutter_speed":"0.00045289855072464","title":"","orientation":"1","alt":"","latitude":"45.588669444444","longitude":"0.66874444444444"}' data-image-title="IMG_6303" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=720" src="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=1024" alt="" class="wp-image-13854" srcset="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=1024 1024w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=2048 2048w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=150 150w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=300 300w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=768 768w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6303.jpg?w=1440 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure></div>]]></content>
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        <title type="html">TENTATIVES : &lt;div&gt;block note - &quot;à jour&quot;&lt;/div&gt;</title>
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        <published>2026-05-18T18:00:00+00:00</published>
        <updated>2026-05-18T18:00:00+00:00</updated>
        <author><name><div>c jeanney</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><img src="https://christinejeanney.net/IMG/logo/logo_block_note_a_jour.jpg?1779098840" class="spip_logo spip_logo_right" width="150" height="142" alt="">
		<div class="rss_texte"><div class="spip_document_1309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center">
<figure class="spip_doc_inner"> <a href="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg?1426436608" width="500" height="23" alt=""></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg?1426436608" width="500" height="23" alt=""></a>
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</div>
<p>Et donc ça m'a frappée, dans le dernier <a href="https://lejournalfilme.blogspot.com/2026/05/journal-filme-488.html" class="spip_out" rel="external"><i>Journal filmé</i></a> d'Arnaud de la Cotte, les plans d'évacuation. Qui regarde les plans d'évacuation. Qui a vu les plans d'évacuation. Peut-être ceux qui les ont commandés, ceux qui les ont dessinés, ceux qui les ont imprimés, encadrés et affichés, en plaçant un clou ou une attache, en décidant de l'endroit adéquat, sans doute pas trop loin de l'extincteur, et puis je crois bien que c'est tout. Et ensuite plus personne. Ou au moment du contrôle de sécurité annuel, quelqu'un a demandé "le plan d'évacuation est-il affiché de façon à être visible ?" ou "est-il à jour ?" et la case "à jour" ou "affiché" a été cochée, ensuite ça s'est perdu dans des jeux de regards qui passent dessus comme on évite d'écouter des bruits parasites, ou comme on cherche quelqu'un dans la foule sans s'arrêter aux visages inconnus. En fait, les premières personnes concernées ne le regardent plus. Qu'est-ce qui se passe quand on filme ce qu'on ne regarde plus. Qu'est-ce qu'on voit tout à coup. Déjà, et parce que j'ai mauvais esprit, je dirais que les plans d'évacuation devraient clignoter partout, se développer en bannières géantes et flotter au vent, bien plus grands et majestueux que les M élancés des mcdonald's. Où sont nos plans d'évacuation, je veux dire à l'échelle large, l'échelle humaine. Et qu'est-ce qu'on voit quand on filme ce qui semble induit, "l'aménagement du territoire" comme on l'appelle, sa laideur, sa beauté de couches empilées, de l'église centenaire au magasin afflelou. Ce sont de vraies questions. "Excusez-moi" dit la voix mécanique, qui nous vole le pardon. Le pardon est une affaire humaine. Oui, il m'a bien perturbée cet épisode du <i>Journal filmé</i> dans ce qu'il enregistre de déplacements. J'ai marché, sans gps et sans voix pour me dire "excusez-moi, voulez-vous que je recadre vos photos ?" à la recherche de <a href="https://christinejeanney.net/collection-de-photos-de-plumes/article/au-09-09-23"><i>plumes à mettre au pot commun</i></a> (si vos yeux tombent sur l'une d'entre elles, je veux bien la récupérer, je suis curieuse de voir où et comment elles atterrissent dans votre 'ailleurs', et peut-être que vous ferez la même expérience que moi : tant qu'on ne se demande pas si elles sont là, elles n'y sont pas, ce sont de petites fées facétieuses, et puis on en trouve une, et une autre, et une autre, et tout à coup elles sont si nombreuses qu'on pense ne pas avoir assez du temps d'une vie pour les cueillir). C'est un autre moyen de faire ce que je fais, percevoir, récolter, regrouper, assembler, du recyclage, le ré-emploiement d'un matériau déjà existant et disponible. C'est ce que je fais avec le texte du jour que je modèle, un morceau de patchwork à la fois, selon mon plan, ma <a href="https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-strategie">stratégie</a>. Mais il y a du battement, du flou, qui ne demande qu'à devenir net. Et, comme dans le <i>Journal filmé</i>, il y a la distance entre ce qui est dit/écrit, et l'effet que ça fait. J'ai emprunté un livre sur le cinéma à la médiathèque : on y trouve des descriptions de scènes, des dialogues et des personnages, au milieu d'autres considérations, et si j'ai commencé à lire consciencieusement ces descriptions, petit à petit j'ai arrêté, à cause de l'écart. J'ai seulement noté la scène (quelle est-elle, dans quel film) pour essayer d'aller la regarder ensuite, la regarder réellement, pas par écrit, à cause de l'humain des visages, des expressions, des tics et des gestes, des ralentissements de débit, voix qui montent ou qui crient, ce qui est hors du cadre des mots. Il n'y a pas une limite solide, comme la ligne noire qui sépare deux couleurs sur un vitrail, entre ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas, il y a aussi le "vu sans voir". Je ne sais pas comment nommer cette catégorie. Le "vu inconsciemment" peut-être, mais le paradoxe c'est que dès qu'on ramène ce "vu" à la conscience, il ne l'est plus (inconscient). Dans un épisode de <a href="https://parolesdhistoire.fr/index.php/2026/05/11/430-animalites-medievales-avec-pierre-olivier-dittmar/" class="spip_out" rel="external"><i>Paroles d'histoire</i></a>, Pierre-Olivier Dittmar parle d'une catégorie d'êtres "hybrides" qu'on ne nomme pas, et qui, d'une certaine façon, pour rester ce qu'ils sont et ne pas être "mal traduits", doivent rester "non-nommés". Ce qui voudrait dire qu'il existerait des catégories invisibles ("non-vues") en plus des catégories connues, des catégories <i>fluides</i> en quelque sorte. Ces flèches de sens traversantes, ces bordures flexibles, ces zones en dehors du choix binaire de la bascule "c'est ceci ou cela", m'enchantent.</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg?1426436608" width="500" height="23" alt=""></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src="https://christinejeanney.net/IMG/jpg/petite_marge-3.jpg?1426436608" width="500" height="23" alt=""></a>
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<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ensorcel%C3%A9s" class="spip_out spip_doc_lien"> <img src="https://christinejeanney.net/IMG/png/block_note_a_jour.png?1779098796" width="500" height="373" alt=""></a>
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</div>
<p style="text-align: left;"><span style="font-size: small; font-family: 'andale mono', times; color: #ffffff;"><em>.</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: small; font-family: 'andale mono', times;"><em>(site sous licence <a href="http://creativecommons.fr/licences/les-6-licences/">Creative Commons</a> BY-NC-SA)</em></span></p>
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        <title type="html">ǝuᴉǝɹǝs ǝuᴉɐɹnoʇ : Débordé</title>
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        <updated>2026-05-18T07:08:39+00:00</updated>
        <author><name><div>Guillaume CINGAL</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif;">Réveillé avant 6 heures ; il fait 16°5 dans la maison car nous avons un mois de mai pourri (et froid), ainsi qu’une chaudière en panne. Impression d’être débordé de toutes parts par le travail (myriades de menues tâches) et les projets en cours. J’ai beau me dire que je me reposerai un peu en juin, je sais (crains) que c’est (que ce ne soit) faux.</span></p><p style="text-align: justify;"> </p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif;">Hier soir, en préparant l’émission de ce matin avec Raharimanana, je relisais plusieurs passages de <em>Revenir</em>, en français ainsi que dans sa traduction par Allison M. Charrette, et ne cesse de voir des idées pour un article. Le problème est que je ne sais pas du tout dans quel cadre je pourrais écrire cet article, ni avec quel angle : « ruptures et envols de la voix lyrique », peut-être (en étudiant la façon dont la traductrice s’est débrouillée des changements de registre) ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif;">Il y a plus urgent avant (il y a toujours plus urgent avant) : j’ai une communication à préparer sur Beckett pour jeudi en huit, et il faudra que je m’y attelle, entre mon voyage à Lille et la préparation des deux émissions de radio de la semaine prochaine (qui correspondent toutes deux à des événements parallèles de recherche/médiatisation).</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif;"> </span></p></div>]]></content>
    </entry>


    <entry>
        <title type="html">Jardin d'ombres : Ricochets/ Année 3/ Semaine 20</title>
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        <published>2026-05-18T07:00:00+00:00</published>
        <updated>2026-05-18T07:00:00+00:00</updated>
        <author><name><div>Solange Vissac</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><img src="https://jardindombres.fr/IMG/logo/img_2641-2.jpg?1779010343" alt="" class="spip_logo spip_logo_right" width="150" height="111" onmouseover="" onmouseout="">
		<div class="rss_texte"><p>1/ Au milieu du faire, prendre le temps du rien. Comme mettre au doigt une nouvelle bague, tiens sur l'auriculaire par exemple qui n'est pas accoutumé à l'anneau. Sentir ce qui vient de changer sur sa main. Avoir le regard qui se pose plus souvent que nécessaire sur la main ouverte, paume sur le bureau, et chercher à savoir ce qui brille à nouveau, et de quoi cette pierre est messagère.</p>
<p>2/ Je lis les premières pages de <i>La bête faramineuse</i> de Pierre Bergounioux – je l'ai déjà lu il y a plus de vingt ans – et suis prise à la gorge par cette écriture qui tente de relater l'indicible : ce que peut ressentir un enfant de onze ans face à ce qui passe autour de lui, la conscience qui renaît des décennies plus tard de l'intensité de ces instants qu'il vit.</p>
<p>3/ Feuilletant un livre sur les œuvres de Pierre Soulages, que je connais bien, je suis attirée soudain par les œuvres où le brou de noix, suinte en quelque sorte ou s'immisce entre les noirs, ou ensemence ces sillons et nous plonge dans une forme de géologie d'un monde. <i>Peindre, tel que je peins, m'enracine chaque fois dans le monde, d</i>it le peintre. Chorégraphie de rhizomes où puiser de la force.</p>
<p>4/ <i>Au fil du temps</i>. Celui qui se présente chaque jour. Et l'écriture comme sentiment d'existence. Prendre conscience de ce qu'on écrit en l'écrivant. Ne rien chercher d'autre que cette découverte intérieure. Écrivant ce qui est en train de s'écrire. Dans cette solitude sans laquelle il serait difficile de continuer. Manière de rendre vivante une pensée, une manière d'être qui nous revêt et nous oblige.Parce que on ne peut être autre.</p>
<p>5/ L'impossible de l'autre. Comment l'approcher ? En saisir des bribes est la seule chose à laquelle on puisse essayer de prétendre. Chacun d'entre nous est une construction des plus fragiles faite de blocs de tailles et textures différentes qui tentent de conserver un équilibre. De l'autre, on ne capte que des parcelles, des éclats que l'on reconnaît de par leur familiarité avec soi. Mais il restera avec radicalité une énigme.</p>
<p>6/ Et si ce que l'on est n'était qu'une toute partie de ce que l'on pourrait être. Penser cela ainsi au petit matin, fait alors ouvrir le songe des possibles de soi qui n'ont pas encore été envisagés. Il reste peu de temps devant moi et la certitude que je puisse faire des choses nouvelles, et élargir, extendre le moi d'aujourd'hui. Comme on tente de le faire dans des mouvements corporels.</p>
<p>7/ Prendre un kaléidoscope comme étalon de vie. Regarder les mutations, les métamorphoses qui se profilent, s'imprégner des images qui se forment et se déforment, les couleurs qui se nouent et se dénouent, le mouvement qui s'amorce. Se dire c'est çà une vie. Des naissances qui se profilent, tentent un passage, éphémère parfois, puis c'est une autre qui prend place, tente d'imposer sa voie, se déploie un peu ou se rétracte.</p></div></div>]]></content>
    </entry>


    <entry>
        <title type="html">cahiers fantômes : 17.5.26</title>
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        <published>2026-05-17T20:47:36+00:00</published>
        <updated>2026-05-17T20:47:36+00:00</updated>
        <author><name><div>Jérôme Orsoni</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Quitté Lignéras à regret. Je savais que ce serait un séjour de courte durée, mais je ne savais que j’aurais tant envie de rester. Je ne dis pas pour la vie, mais encore un peu, oui. Sur l’autoroute, la laideur du monde, laquelle s’était faite discrète dans le mauve du Périgord vert, s’étale dans toute sa supériorité (elle fait du bruit, elle écrase le reste). Que la vie soit cela, on ne peut le nier, mais on peut ne pas l’admirer. Ce que je dis, à l’évidence, n’a que peu d’importance. Le conformisme de la posture règne en maître incontestable sur nos esprits, on ne peut y échapper, il faut simplement savoir faire le vide, de temps à autre, aller voir ailleurs, penser à autre chose, changer de sujet, s’affranchir, s’émanciper, prendre l’air. C’est la queue de la comète de la modernité : la vie privée, l’intimité n’étaient pas le fonds du subjectivisme, on le voit à présent que la fin de la modernité (fin qui pourrait durer encore des siècles en Occident, la modernité étant une notion fondamentalement occidentale), loin de coïncider avec le triomphe d’un quelconque réalisme épistémologique, déchaîne au contraire les passions les plus égocentrées qui soient, tout discours se résumant désormais à un discours non-critique sur soi-même (l’autorité de la première personne sur ses propres contenus de conscience est l’un des dogmes de la fin de la modernité). Je regrette souvent de ne savoir pas dessiner, de ne savoir pas saisir en un trait de crayon la physionomie d’un paysage. Il est vrai que je ne fais pas grand-chose pour pallier cette lacune (au Thoronet, toutefois, j’avais dessiné le chapiteau d’une colonne, mais ce n’est pas beaucoup, cela ne saurait constituer un entraînement digne de ce nom, non), mais ce que je chercherais, ce ne serait pas une technique, ce serait une sorte de sortie de soi, d’abandon du sujet (de désassujettissement) dans le dessin du regard : le regard ne se regarderait plus regarder, il s’appliquerait à dessiner, tracer des traits qui deviennent indépendants de soi, émancipés de soi, désassujettis. Dans une page (je ne sais plus où), WB se flattait de la supériorité de sa prose sur les littérateurs allemands de son époque et l’attribuait au fait qu’il n’écrivait pas « je », n’écrivait pas à la première personne. Je doute que ce soit un argument décisif : on ne peut parler que de soi (être enfermé dans ses propres croyances) tout en ne disant pas « je », de même que l’on peut s’ouvrir au κόσμος en écrivant à la première personne, le « je » n’étant pas alors le sujet, le moi, l’esprit (je ne crois à aucune de ces chimères), mais l’expérience en tant qu’elle est faite (et non en tant que <em>je</em> la fais), simplement l’expérience n’est pas quelque chose qui a lieu sans personne (sans personne pour la faire), mais elle ouvre au monde sans se laisser enfermer dans la clôture de l’infirmité du sujet.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="768" data-attachment-id="13850" data-permalink="https://cahiersfantomes.com/2026/05/17/17-5-26/img_6313/" data-orig-file="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg" data-orig-size="4032,3024" data-comments-opened="0" data-image-meta='{"aperture":"1.8","credit":"","camera":"iPhone SE (3rd generation)","caption":"","created_timestamp":"1778927148","copyright":"","focal_length":"3.99","iso":"32","shutter_speed":"0.00092592592592593","title":"","orientation":"1","alt":""}' data-image-title="IMG_6313" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=720" src="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=1024" alt="" class="wp-image-13850" srcset="https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=1024 1024w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=2048 2048w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=150 150w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=300 300w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=768 768w, https://cahiersfantomes.com/wp-content/uploads/2026/05/img_6313.jpg?w=1440 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure></div>]]></content>
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    <entry>
        <title type="html">ǝuᴉǝɹǝs ǝuᴉɐɹnoʇ : Ascension difficile</title>
        <id>http://tourainesereine.hautetfort.com/archive/2026/05/17/ascension-difficile-6595435.html</id>
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        <published>2026-05-17T17:15:00+00:00</published>
        <updated>2026-05-17T17:15:00+00:00</updated>
        <author><name><div>Guillaume CINGAL</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif;">Voyage de retour pénible. Nous n’étions jamais allés dans les Landes à cette période de l’année, ni pour aussi peu de temps – et même si la météo ne nous a pas gâtés, c’était agréable de passer un peu de temps avec mes parents – et on peut confirmer que prendre les grands axes un dimanche de pont n’est pas une bonne idée : 7 h 25 au lieu de 5 h 45, le trafic faisant l’élastique presque tout du long entre Saintes et Tours, avec deux jolis ralentissements au sud de Bordeaux puis sur la rocade même. À ne pas rééditer. D’ailleurs, désormais,  quand je descendrai seul, ou même avec Claire pour peu de temps, il faudra envisager le train, même si c’est hors de prix.</span></p><p style="text-align: justify;"> </p></div>]]></content>
    </entry>


    <entry>
        <title type="html">Anath &amp; Nosfé : Yves di Manno, « Élagage ».</title>
        <id>https://anathnosfe.fr/2026/05/17/yves-di-manno-elagage/</id>
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        <published>2026-05-17T12:03:06+00:00</published>
        <updated>2026-05-17T12:03:06+00:00</updated>
        <author><name><div>Clément Alfonsi</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><h2 class="wp-block-heading">(Poésie du dimanche, 33)</h2>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">2026 m’est poétiquement une année difficile : elle clôt l’aventure de la revue <em>Catastrophes</em> et celle de la collection Poésie/Flammarion. Je ne reviens pas sur mes itinéraires de lecture : ceux qui ont lu quelques-uns des quatre cents articles qui précèdent celui-ci savent que ces deux institutions ont été centrales dans mon approche de la poésie. Bien sûr, dès la préface, l’auteur insiste sur la double dimension de ces disparitions : d’un côté une certaine morosité, avec l’impression de « rendre les armes », de l’autre la volonté, par ce chant du cygne, de laisser entrevoir d’autres horizons que la poésie dominante (avec savoir : états d’âme arrimés à une débauche de métaphores faciles).</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Malgré le nombre de remarques négatives, sur la « régression poétique », la violence de l’époque « vidée de son humanité », et l’échec de la révolution surréaliste et moderniste à réaliser la grande transformation de la langue et de la vie qu’elle s’était fixée, -malgré l’évident échec, visible par le fait que <em>nous en sommes là</em>, <em>en 2026</em>, il faut aussi percevoir les lignes de satisfaction qui traversent cet ouvrage. Les deux coexistent et ont toujours coexisté : il faut éviter à la fois la naïveté et l’auto-apitoiement. La poésie comme le travail critique d’Yves di Manno ont toujours été menés par une exigence de lucidité.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Quatre lignes directrices me semblent mener cet ouvrage, et correspondent plus ou moins aux différentes sections :</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">1° L’inventaire de ce qui a compté dans la poésie du dernier XXe siècle.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">2° Le travail de défrichage, traduction, présentation et adaptation du grand massif de la poésie moderniste américaine.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">3° Le travail de défrichage, présentation et adaptation du grand massif qu’est « le surréalisme belge » (le terme a été récusé par les surréalistes belges, mais on en aura un meilleur quand les universitaires auront fait le travail de fond dessus).</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">4° L’édition et la présentation du travail actuel de poètes de valeur.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Plusieurs satisfactions dans ce travail mené par l’auteur pendant plus de cinquante ans. Tout d’abord, son travail d’éditeur ne peut évidemment que lui apporter une certaine fierté : Poésie/Flammarion, qu’il dirigeait depuis 1994, a de toute évidence été, durant ces trois dernières décennies, l’éditeur français de référence dans la création poétique contemporaine. Bien sûr il y eut aussi d’autres « gros » éditeurs : P.O.L, Gallimard, Mercure de France ont sans doute de meilleurs tirages ; les éditions Nous, les éditions Unes et bien d’autres ont aussi publié de grandes œuvres. Mais, quand on discute de poésie avec les poètes contemporains, qu’on fait le compte des livres qui ont compté ces dernières années, Poésie/Flammarion tient le haut du panier.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Ensuite, toute la section des « Suppléments aux <em>Objets d’Amérique </em>» montre que le travail (collectif) sur le massif de la poésie américaine a porté un certain nombre de fruits. Il reste à faire : H. D. n’est pas entièrement traduite (j’ai eu envie de m’y mettre), Robert Duncan non plus, ainsi que plusieurs auteurs du Black Mountain College. La prise en compte des réflexions prosodiques américaines a été pris en compte de manière relative : il y eut bien sûr Hocquard et d’autres, mais le premier retour à l’ordre des années 1980, puis l’actuel déploiement de la poésie d’états d’âmes arrimés à analogies faciles (« Instapoésie », pour le dire vite) fait que cette tradition s’estompe dans le paysage français. Néanmoins, il faut regarder le travail accompli : traduction de nombre des chefs-d’œuvre américains, et plusieurs œuvres françaises de valeur écrites dans ce sillage. Pensons à Hocquard, à Albiach, à Vinclair, et bien sûr à Yves di Manno lui-même, dont <em>Champs </em>demeure un livre de poésie central de la fin du XXe siècle.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Sur ce versant-là de l’ouvrage, qu’on me permette de dire que l’article sur Hilda « H. D » Doolittle., retranscrit dans l’ouvrage (p. 75 à 94) devrait être une raison pour chaque lecteur lambda de se procurer ce livre. Si certains passages du livre s’intéressent à des auteurs peu connus du grand public et peuvent donc constituer une lecture difficile quand on a peu de bagage poétique, ces vingt pages sur H. D. sont limpides et d’un intérêt fondamental.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Le travail sur le surréalisme belge, en revanche, laisse à Yves di Manno un goût amer : depuis <em>« endquote »</em>, il s’attache à défendre l’œuvre de Paul Nougé, Paul Colinet, Christian Dotremont, Daniel Fano et plusieurs autres, sans qu’un véritable élan éditorial, critique et poétique se soit manifesté sur ce massif-ci. Ce n’est pas bon signe : que des travaux novateurs, impertinents, qui bouleversent l’ordre poétique et politique établis, passent à la trappe, signifie qu’une certaine idée de la poésie, comme résistance et mobilisation du langage contre les discours mortifères, risque de s’évanouir. Ce dernier livre d’Yves di Manno sonne, pour reprendre une image éculée qu’on me pardonnera peut-être, comme une invitation à reprendre le flambeau.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Ce « flambeau », donc, on pourrait le clarifier en synthétisant plusieurs propositions éparses dans les pages, mais toujours reprises avec cohérence depuis le début du travail critique du poète. La pensée d’Yves di Manno invite à se concentrer sur les foyers de création plutôt que sur les discours établis. La poésie comme <em>art du langage </em>a toujours fait peu de vente et obtenu peu de succès, mais il lui faut tout de même des lecteurs actifs, qui défricheront, élagueront et diffuseront ces foyers de création, pour que d’autres puissent émerger. Cela nécessite d’aller vers les marges plutôt que vers le centre, donc d’errer. Quand les marges finissent enfin par arriver au centre (William Carlos Williams, par exemple), on peut s’en satisfaire, laisser faire les universitaires et poètes de la nouvelle génération qui s’en empareront, et aller élaguer d’autres marges. Le risque, c’est de se retrouver dans la <em>zone du dehors </em>(l’expression est absente chez di Manno, mais je la vois ainsi) : les auteurs à la marge sont souvent des auteurs qui ont joué avec les contraintes génériques, manié la prose coupée, voire ont décidé d’abandonner la poésie pour des créations qu’on continue de classer au rayon poésie faute de mieux, parce que les librairies appellent désormais « poésie » tout ce qui n’est pas du roman à l’ancienne ou du développement personnel. Qu’appelle-t-on alors « création » ? Tout ce qui surprend, travaille la syntaxe, le lexique, les clichés, tout ce qui s’écrit dans un idiome qu’on n’avait pas encore lu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">**</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Je m’aperçois que cet article est déjà long et que je n’ai pas dit tout ce que je voulais dire. J’aurais pu parler des qualités de prosateurs d’Yves di Manno : je n’avais pas non plus eu la place pour en parler dans l’article de la revue <em>Europe</em> que j’avais consacré à son travail critique. Les grands poètes sont toujours aussi de grands prosateurs ; l’inverse n’est pas vrai. Je vais à nouveau poser ça là sans en dire plus.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Les quelques mille mots des lignes ci-dessus sont finalement assez distanciés et présentent l’auteur à un éventuel « grand public » (mes cinquante lecteurs), sans que je reparle, sauf dans quelques incises, de mon rapport subjectif à son œuvre. Si j’ai apprécié l’œuvre d’Yves di Manno (poétique, critique, éditoriale), c’est parce qu’elle m’a sans cesse amené à m’interroger sur mon rapport aux œuvres, à la syntaxe, au lexique, à cette émotion appelée poésie. Je dois dire que ce plaisir a toujours été un plaisir d’abord négatif : à le lire, je me rends compte à quel point mes propres réflexions demeurent banales, amatrices ; mais, en poésie comme ailleurs, j’ai toujours aimé qu’on me démontre d’abord ma nullité avant de m’offrir un horizon pour en sortir.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Enfin, j’ai eu plaisir à retrouver des noms connus et, sur la fin de l’ouvrage, des articles que j’avais déjà lus. J’en sors avec une forme d’urgence à me procurer tous ces ouvrages importants qui vont disparaître (les ouvrages de la collection seront-ils réimprimés?), à lire ce dont il est question dans l’ouvrage, et à écrire, à penser mieux.</p></div>]]></content>
    </entry>


    <entry>
        <title type="html">Grignotages : Revue de blogs #26</title>
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        <link rel="alternate" href="https://grignotages.com/revue-de-blogs-26/"/>
        <published>2026-05-17T10:34:49+00:00</published>
        <updated>2026-05-17T10:34:49+00:00</updated>
        <author><name><div>la souris</div></name></author>

        <content type="html"><![CDATA[<div><blockquote>[…] avant de lancer le premier morceau, je sais déjà le réconfort infini que ces dix chansons parfaites vont m’apporter. L’attente de ce déroulé que je connais par cœur envoie une décharge électrique de plaisir dans ma colonne vertébrale. J’en tire la même joie que ce moment précis, sur la route, ce moment précis où l’on sait que l’on va apercevoir la mer à l’horizon.</blockquote>
<blockquote><p>Je ne pourrais pas vous dire ce que j’ai pensé en écoutant pour la première fois <em>If You’re Feeling Sinister</em>, pas plus que je pourrais vous dire ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai glissé mes doigts de pieds dans le sable chaud ou mangé une glace. La répétition du plaisir est constitutive de l’expérience du disque. Il n’y a pas eu de moment où je ne le connaissais pas par cœur.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Pauline Le Gall,<br>
<a href="https://tailspin.fr/blog/judy-never-felt-so-good-except-when-she-was-sleeping" target="_blank" rel="noopener">Judy never felt so good except when she was sleeping</a>, Tailspin</p>
<p>Pauline Le Gall est tellement forte pour écrire sur ce qui se vit dans la lecture, l’écoute ou le visionnage… Je ne vis pas du tout la musique aussi intensément que la plupart des gens (j’ai besoin de silence davantage que de musique), mais j’ai quand même connu ce phénomène du CD réconfortant en boucle à mon adolescence avec The Rasmus et plus récemment avec Alice et moi (« Ce moment de solitude m’a fait comprendre que mes goûts musicaux n’étaient peut-être pas universels »).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote>
<p class="text-2xl sm:text-3xl font-light tracking-wide mb-4">PHANTOM OBLIGATION<br>
The guilt you feel for something no one asked you to do.</p>
</blockquote>
<p class="text-xl sm:text-2xl font-light tracking-[0.2em] mb-4" style="text-align: right"><em>Phantom obligation</em>, Terry Godier<br>
à lire en version <a href="https://www.terrygodier.com/phantom-obligation/ascii" target="_blank" rel="noopener">texte brut</a> ou <a href="https://www.terrygodier.com/phantom-obligation" target="_blank" rel="noopener">discrètement animée</a><br>
(dingue d’ailleurs comme on lit plus facilement un texte qui apparaît au fur et à mesure, sans anticiper la longueur de ce qui est à venir)</p>
<p>L’auteur s’attarde sur ce que déclenchent en nous les petites pastilles rouges avec un chiffre dedans et analyse le design des lecteurs de flux RSS qui, en empruntant leur ergonomie aux boîtes mail, en ont conservé les attentes implicites.</p>
<blockquote><p>You’re not behind on your feeds. […] Nobody’s waiting.</p></blockquote>
<p>Et cela vaut pour tous types d’application.</p>
<blockquote><p>Podcasts borrowed the queue from music players. But nobody ever felt guilty about unplayed albums. […] Podcast apps added unplayed counts, progress bars, completion stats. Your listening became a task list.</p></blockquote>
<blockquote><p>We should notice when we feel guilty, and then ask whether the guilt is ours or whether we inherited it from somewhere.</p></blockquote>
<p>Pour autant, je ne suis pas sûre d’avoir envie de tester le lecteur de flux RSS développé par l’auteur, où les articles restent un certain temps seulement, en fonction de leur pertinence (quelques heures pour un entrefilet d’actualité, quelques jours pour l’article d’un quotidien, une semaine pour un essai…). Le FOMO serait trop grand, je serais tentée de me connecter hyper régulièrement pour tout sauvegarder. Un poison différent.</p>
<blockquote><p>Social media learned something interesting. Facebook could have shown you « 24,847 posts you haven’t seen. » They understood this would paralyze, not engage. So they made a different choice: no unread count. Infinite scroll. Algorithmic curation. They traded phantom obligation for manipulation. The feed never made you feel behind. It made you feel like you might miss something<em> right now</em>. Different poison.</p></blockquote>
<p>Merci à <a href="https://kozlika.org/kozeries/post/2026/03/27/Vas-y-donc" target="_blank" rel="noopener">Kozlika</a> pour la découverte.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Je le dis, parce que je n’aimerais pas qu’on croie que je ne retiens que ce qui est difficile de cette expérience, tout comme je n’aimerais pas qu’on ne retienne que c’est <em>uniquement</em> merveilleux et épanouissant. En réalité, <strong>je trouve ça difficile de composer avec tous ces contrastes </strong>[…].</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Yasmine, <a href="https://laurelas.substack.com/p/la-perfection-nest-pas-mere" target="_blank" rel="noopener">La perfection n’est pas mère</a>,<br>
Sundays are made for tea &amp; crumpets</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>This day was so ordinary for us, yet I am terrified that I will feel immense nostalgia and grief one day when I look back at this post.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Winnie Lim, <a href="https://winnielim.org/journal/an-ordinary-day/" target="_blank" rel="noopener">an ordinary day</a></p>
<blockquote><p>Like who wants to look at mundane photos of my day?</p></blockquote>
<p>I do.<br>
Outre l’étonnement du quotidien à l’autre bout du monde (et oh ! <em>papa’s beard</em>, j’avais mangé un délicieux éclair au chocolat de cette chaîne au Vietnam !), il y a cet aspect émouvant des relations parasociales (aussi étranges soient-elles) à se faire témoin d’une vie que l’on ne croisera probablement jamais. Comme des cartes postales qu’on recevrait d’un personnage de série auquel on s’est attaché.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Plus je vieillis et plus j’ai l’impression que le temps salarié est du temps perdu, du temps gaspillé. Non pas que mon travail soit inintéressant, bien au contraire, mais que la priorité semble être ailleurs.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Karl, <a href="https://www.la-grange.net/2026/04/14/sursis" target="_blank" rel="noopener">sursis</a>, Les carnets web de La Grange</p>
<p>Fatiguée, stressée, anxieuse et parfois tentée par la démission vers un emploi salarié, je me rappelle aussitôt que c’étaient des heures pour ainsi dire non vécues.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p>Un beau billet de Monsieur Samovar sur <a href="https://monsieursamovar.wordpress.com/2026/05/08/43/" target="_blank" rel="noopener">avoir tous les âges</a> (et 43 ans).</p>
<blockquote>
<p class="wp-block-paragraph">Attendez, attendez. Laissez-moi ouvrir une parenthèse, à la hache s’il le faut. J’ai pas vécu ça quand c’était le moment, j’ai loupé le train, si on prenait le TARDIS, qu’on voyageait dans le temps et que je visitais en décalé un temps révolu ? Attendez, attendez s’il vous plaît, c’est la dernière fois. Après j’accepterai. Après je serai serein, je serai comme on me dit qu’il faut être. Heureux de chaque jour, de chaque instant qui passe. J’apprendrai à vivre pleinement ou à laisser filer les moments, débarrassé des injonctions, sage et silencieux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Je ne le ferai sans doute pas.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Je continuerai à courir le long de ma chronologie, poumons qui braillent, brouillard mental.</p>
</blockquote>
<p>J’ai et n’ai pas tous les âges que j’ai eu. À la fois le passé, en s’accumulant, devient une malle aux trésors, à la fois qui j’ai été me devient par endroits inaccessible.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>J’étais peut-être un peu naïve mais avant de me mettre à danser autant, je ne savais pas que cette pratique viendrait creuser si fort mon rapport au corps. Je pensais que c’était quelque chose que l’on fait en utilisant son corps comme une sorte d’ustensile, mais je n’imaginais pas que tout partait de l’intérieur […].</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Coline Pierré, <a href="https://colinepierre.substack.com/p/danser-jusqua-soi" target="_blank" rel="noopener">Danser jusqu’à soi</a>, Latte avoine et chat sur les genoux</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p>Trouvé <a href="https://www.la-grange.net/2026/04/22/ecrire" target="_blank" rel="noopener">chez Karl</a> :</p>
<blockquote><p>Songer un instant à ce genre d’idée satisfait un auteur sans qu’il ait heureusement besoin de la mettre en œuvre.</p></blockquote>
<p class="quoteref" style="text-align: right"><em>Le timbre à un franc</em>, Jean-Louis Bailly</p>
<p>Idée n° 237389. Est-ce que je pourrais songer ainsi à mes idées numérotées aléatoirement ? Non pas des projets morts-nés dont je ne fais pas le deuil, mais des idées qui se suffisent à elles-mêmes, comme les amorces poétiques de <em>happenings</em> qui n’auront pas lieu dans <a href="https://grignotages.com/grapefruit/" target="_blank" rel="noopener"><em>Grapefruit</em></a> ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p>Trouvé <a href="https://fuirestunepulsion.net/spip.php?article7335" target="_blank" rel="noopener">chez Guillaume Vissac</a> :</p>
<blockquote><p> <i>J’écris toujours des poèmes sur la deuxième chose qui me vient à l’esprit</i>, lit-on dans <i>Le musée des redditions sans condition</i>, <i>pour ne pas avoir à le faire sur la première</i>.</p></blockquote>
<p>Première chose : image. Deuxième chose : lien.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Les pistes que je ne suis pas, les possibilités que j’ignore, maintiennent peut-être d’autres structures dont j’ai « quelque chose à faire ».</p></blockquote>
<blockquote><p>L’idée, c’est la place qu’on occupe et celle qu’on donne aux éléments et à l’échec, à la maîtrise, à l’emprise, aux directions décidées, s’appesantir ou pas, le juste ce qu’il faut de nostalgie, les choix, le recul par rapport à eux, est-ce qu’on peut réellement choisir ce qu’on ne sait pas […]</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Christine Jeanney, <a href="https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-coupe-coupe" target="_blank" rel="noopener">coupe coupe</a>, block note</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Et en remettant en question l’évitement improbable (improductif) (hors piste) (que des qualités) de l’éparpillement, je remets en question l’idée de se spécialiser, de creuser une seule voie, de s’y dédier. Je crois que c’est un mythe. On ne fait rien avec une seule allumette dans le noir.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Christine Jeanney, <a href="https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-moby" target="_blank" rel="noopener">moby</a>, block note</p>
<p>J’ai vu tout le noir qu’il y avait. J’ai besoin que ça foisonne à nouveau, besoin de m’éparpiller.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Mais au fond, quand on transmet, est-ce que ça n’est pas pour réparer un peu de soi ? Pour créer quelque chose qu’on n’a pas eu ?</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Sacrip’Anne, <a href="https://sacripanne.fr/post/2026/05/11/transmission" target="_blank" rel="noopener">Transmission</a></p>
<p>Dans mon enseignement de la danse : une compréhension fine du mouvement, même et surtout lorsqu’il ne tombe pas naturellement juste. Est-ce que je n’en oublie pas ce que j’ai reçu, le phrasé, les élans ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p>Trouvé <a href="https://www.la-grange.net/2026/04/06/hesitation" target="_blank" rel="noopener">chez Karl</a> :</p>
<blockquote><p>Lorsque je regarde un film, une série, je suis désormais très sensible aux gestes de tendresse entre les personnages. […] Cet instant où tout s’arrête, où tout se dit sans une parole, dans la délicatesse d’un contact qui ne cherche rien de précis qu’une forme d’abandon, de lâcher-prise, n’attend rien qu’un peu de calme, de sérénité. Dans un enlacement amical, une attention prévenante. La pression redescend, les deux corps se rapprochent, leurs rythmes cardiaques se coordonnent pour retrouver un peu d’apaisement et pouvoir, après un mouvement de recul, se regarder en face. Les mots refont surface, même si parfois ils ne sont même plus nécessaires.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Pierre Ménard, <a href="https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/un-mouvement-suffit" target="_blank" rel="noopener">Un mouvement suffit</a>, Liminaire</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Je ne sais plus où j’ai vu passer une broderie de scanner, ou une broderie d’image médicale, quelqu’un — quelqu’une en l’occurrence — avait brodé ses résultats d’examens, donc un sujet non brodable, ni une fleur ni un lapin enrubanné, ni un adage au point de croix […]</p></blockquote>
<p>Une tumeur obscurus sur le sein droit d’un T-shirt ?</p>
<blockquote><p>S’octroyer le droit de broder (tisser, coudre, denteller) du laid, du <i>not fit</i>, en dehors des modèles et gabarits. Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas plus de monde qui s’empare de ce droit pourtant d’accès facile. Qu’est-ce que ça peut faire qu’avec un fil et une aiguille on fasse quelque chose de raté, de moche ou qui ne serve à rien.</p></blockquote>
<p>Oui, pourquoi. Pourquoi pas la broderie, la LSF, le collage, le violoncelle. Pourquoi toujours les mots ?</p>
<p style="text-align: right">Christine Jeanney, <a href="https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-simple" target="_blank" rel="noopener">simple</a>, block note</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p>Dernier billet de <a href="https://profenscene.fr/2026/04/25/samedi-25-avril-2/" target="_blank" rel="noopener">Prof en scène</a> (pas le dernier en date, le dernier point final) :</p>
<blockquote>
<p class="wp-block-paragraph">Je suis devenu, je pense, l’enseignant que je souhaite être : insatisfait, passionné, instable.</p>
</blockquote>
<p>Peut-on se satisfaire d’être insatisfait ? Toujours surprise, un peu admirative et envieuse quand je trouve (comme souvent chez Christine Jeanney ou ici chez Monsieur Samovar) une installation revendiquée dans l’in- ou autre préfixe privatif.</p>
<blockquote>
<p class="wp-block-paragraph">Et oui ça brûle, et oui on y laisse une énergie qu’on ne retrouvera peut-être pas. Mais c’est ainsi que l’on donne du sens au temps qui passe.</p>
</blockquote>
<p>L’énergie qu’on ne retrouvera peut-être pas : et de vieillir.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Mais je cherche autre chose désormais, comme si j’étais fatiguée de me battre et que j’avais besoin de calme. J’aimerais voir des femmes fragiles mais qui ne se font pas marcher dessus. […] Des femmes fragiles mais sensées, dont on respecte la fragilité et la banalité, des femmes qui, si elles ont été violentées, sont aidées, aimées et soutenues comme elles le méritent mais sans pathos ni contexte combatif. Des femmes cassées mais indépendantes, capables de décision, incapables de décision aussi et alors épaulées sans syndrome du sauveur.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Lucide, <a href="https://www.courantnoir.fr/2026/05/07/exception-et-banalite/" target="_blank" rel="noopener">Exception et banalité</a>, Courant noir</p>
<p>Dans le même post aussi, de chouettes réflexions sur la photo de rue et sur les cheveux blancs vantés sur des corps normés.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<p class="entry-title"><a href="https://www.hypothermia.fr/2026/05/the-sky-was-the-colour-of-the-death-of-the-internet/" target="_blank" rel="noopener">The sky was the colour of the death of the internet</a> : l’exposition qu’a visité Eli n’entre pas du tout en résonance avec mon imaginaire, mais ce titre, je ne m’en remets pas !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-3099589" src="https://grignotages.com/wp-content/uploads/2018/09/3-points-colores-detoures.png" alt="…" width="85" height="35"></p>
<blockquote><p>Après tout, c’est le nerf de l’enseignement : pas la répétition, mais la reformulation.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Marion Olharan Lagan, <a href="https://marionolharanlagan.substack.com/p/brulee-vive" target="_blank" rel="noopener">Brûlée vive</a>, Le non book club</p></div>]]></content>
    </entry>


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